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Compromis

Mar 1, 2021

Je ressens un changement en moi. 

Le mois dernier, Lundi, réveil trop matinal.  Réveil forcé car nécessaire, pour aller assumer les conséquences de mes – mauvais – choix.
Le réveil, cet « électrochoc », avait eu lieu la veille au soir, dimanche dans la nuit. J’me suis dit, du fond de toutes mes tripes : « ça suffit ! »  

C’était plus qu’un simple « j’en ai marre » d’aligner les visites – Recherches laborieuses d’un achat immobilier.
Oh ça non, puisque la fatigue des déceptions successives se faisait déjà sentir depuis un certain temps !
Fatigue, que dis-je : épuisement ! Tant physique qu’émotionnel.
« Enough with the bullshit !»  Autrement dit: ça suffit, j’arrête les conneries.

 

L’histoire avait été simple.
En fin de semaine, précédent ce réveil, vendredi, j’eus une énième visite. Tentative de projection…Une énième espérance…
Dessins et mesures des plans… S’en suivirent toujours plus de questions, de points d’interrogation,
d’incohérences que je « laissais passer »
…Je me disais que ce n’est pas si grave, j’aurai les réponses à la prochaine visite, normalement, demain…
Le lendemain, je me disais que le propriétaire m’enverra les justificatifs tout à l’heure, que ce n’est pas si grave, qu’il n’y avait pas mort-d’homme, c’est vrai que ça semble un peu trop beau pour être vrai, mais aller quoi, que j’en finisse un jour avec toutes ces recherches !
Et… toujours rien, mis à part encore des excuses  … Je me disais encore  « Demain alors ! »
Toujours rien, plus de nouvelles, mais j’ai appris la patience, alors je patiente…

Puis soudainement, dans la fin de soirée de ce dimanche-là, alors que la nuit était bien entamée, j’eus un déclic.
D’un sursaut de lucidité, ma crédulité s’envola d’un coup.

Je contrôlai alors sans vergogne, directement à la source, certaines des informations que j’avais gobées si naïvement.

…J’avais découvert le pot-aux-rose. Ladite visite s’était avérée désastreuse. Un fiasco total, un écran de fumée. Tout n’avait été que du vent.

 

∞ 

Avec du recul,

Je souhaitais tellement aller vivre dans un bon appartement, enfin dans « mon chez-moi » que j’avais fait l’autruche.

Voyez-vous, je cherchais la perle rare depuis un certain temps déjà. Ce besoin, cette presque frénésie toxique, prenait de plus en plus de place… Me voyant incapable de ne pas m’y projeter directement, quitte à supporter et faire avec les concessions indésirables.

 

Ahhh…C’est la même chose dans une relation.  « Dans un couple, il faut faire des compromis ! » me disait ma tante.  

J’ai toujours été révoltée par cette assertion.

« …Non tata, on ne peut pas faire de compromis sur son bonheur ! »…

Car pour moi, « faire des compromis » revenait à accepter ce qui ne me plaisait pas, pour ne pas tout perdre. C’était inconsciemment synonyme de « céder au chantage ». D’accepter ce qui s’avérait me nuire, tel un sacrifice : sacrifier mon bien-être, parce que tout perdre serait encore pire. 

Le problème racine de ce comportement malsain est de « Ne pas s’estimer mériter ce bien-être. Ne pas s’estimer légitime à négocier tout en restant dans son équilibre ».

Rien à voir avec la définition originelle de COMPROMIS qui est de « faire des petites concessions réciproques » …toujours en restant dans son propre équilibre, toujours en restant ancré dans ce qui nous fait du bien. Tout en communiquant vraiment avec soi-même (s’écouter, se respecter) et avec l’autre (échanger, s’accorder).

Dans un couple, con-céder ensemble, c’est comme une danse. La danse de la vie !

 

∞ – ∞ – 

Je ressens un changement, car pour les visites qui ont suivi, la frénésie décrite plus haut a disparu…

J’ai retrouvé un respect de moi-même, comme vaccinée par cette horrible expérience, je me sens étrangement plus stable, plus posée… Ancrée dans mon propre équilibre. Cette paix me fait presque bizarre, je ne me reconnais plus ! J’étais dans cette peur, cette piètre estime personnelle depuis déjà si longtemps…

Aujourd’hui, un mois plus tard, je puis constater un changement …ou plutôt, un miracle ?

J’ai trouvé mon chez-moi ! Je signe le compromis, j’achète !